Cueillette les champignons : voici pourquoi elle risque d’être mauvaise cette année

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La saison des champignons approche. Mais l’été, trop peu pluvieux, semble avoir entraîné leur raréfaction.

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L’automne arrive, et avec lui le temps de ramasser les champignons (qu’il faut savoir distinguer) . Sauf que l’été 2022, fort chaud et sec, vient jouer les trouble-fêtes.

« Y a rien du tout », scande Bernard Laigle, trésorier de la Société mycologique rémoise, auprès de France 3 Champagne-Ardenne « On voulait arranger une manifestation, mais avec la sécheresse, ils n’ont pas poussé dans notre région. » On est loin du champignon-record de 17 kilos trouvé en 2021.

« C’est comme pour tout le reste, les pommes de terre ou les autres récoltes par exemple, ça n’a pas poussé. Sauf la vigne… Sans pluie ou humidité, pas de champignons. Il leur faut un peu de soleil, bien entendu, mais surtout un peu de bruine ou de brouillard le matin, de la pluie à peu près toutes les semaines. Notamment pour les girolles par exemple. »

« J’ai vu qu’on en avait trouvé dans le Béarn, les Cévennes… Il y a eu d’énormes orages là-bas. Eux, ils ont des champignons. Alors qu’en Bourgogne, comme nous, ils n’ont pas grand-chose. Je pense que dans l’Aube et la Haute-Marne, ils n’ont pas non plus énormément de choses. »

Exposer avec les moyens du bord

« On se dirige vers une chose qu’on n’a pas vraiment connu jusqu’à présent. »  Les cueillettes, et expositions qui s’en suivent sont normalement prévues aux environs du 1er octobre. Celle qui aura lieu à la faculté de pharmacie de Reims (Marne) montrera des exemplaires « en plastique, mais représentatifs des espèces. On n’avait pas grand-chose d’autre à mettre. »

Une manifestation récente du côté de Château-Thierry (Aisne) n’a permis de récolter que 50 champignons, « avec bien du mal », pour une soixantaine de participantes et participants. Une bien maigre récolte, « et encore, les neuf dixièmes ne se mangeaient pas ». Bernard Laigle espérait que le mois de septembre apporterait enfin des pluies abondantes, et que les champignons allaient enfin pousser, mais il n’a pas été exaucé. Il va encore devoir attendre, d’autant que « le champignon a horreur du vent », qui a beaucoup soufflé lorsqu’un peu de pluie a fini par tomber…

Pluies ardennaises

Les Ardennes semblent légèrement plus chanceuses. « Toutes nos manifestations depuis le début de l’année n’avaient rien donné mais en septembre ça commence à pousser », raconte Guy Christelle, de la Société mycologique du Sedanais (SMS). Un monsieur lui apporte justement un panier de champignons qu’il vient de ramasser.

« Il y en a dans les prés et les bois. C’est en train de pousser. On trouve de tout. Dans les prés, il y a des champignons de pré qui poussent même si c’est très fugace. » Il faut en heurt les cueillir dès leur poussée avant qu’ils ne noircissent et deviennent toxiques. « Dans les bois, il y a des bolets, les cèpes de Bordeaux, et puis les girolles. Je n’ai pas encore vu d’amanites, c’est encore trop tôt. » Il aiguille une trentaine d’espèces différentes découvertes après les pluies du samedi 10 septembre (une manifestation classique permet d’en trouver près de 90). « On était ravis. »

Un conseil : le champignon non-comestible est celui « qu’on ne connaît pas. Il ne faut consommer que ceux qu’on connaît, ou les apporter à ceux qui peuvent les distinguer. » Le plus toxique dans les environs reste l’amanite phalloïde, parfois en bordure des bois et confondables avec des champignons des prés.