Pas-de-la-Case : des trafiquants en T-shirts et claquettes

Ils sont venus de loin, et ils sont repartis « chargés » : deux hommes âgés de 24 et 32 ans avaient décidé de faire le plein au Pas-de-la-Case, au départ de… Draguignan, alcool fort et cigarettes, pour « préparer des anniversaires qui vont se succéder tout l’été », assure leur avocate, Me Emeline Andrieu, du barreau de l’Ariège. Mais leur voyage s’est terminé dans un fourgon de la gendarmerie, ce mercredi, en tout début de matinée. Fête Nationale pour tous, mais les deux hommes n’étaient pas à la fête.

Repérés, ils prennent la fuite

Au passage du péage de Pamiers, leur véhicule avait été repéré par les Douanes de Toulouse et les gendarmes. Le conducteur décidait de prendre la fuite, ou d’essayer au moins, appuyant fort sur la pédale de droite « A ce moment précis, mon cerveau s’était déconnecté », confiera l’homme aux magistrats du tribunal correctionnel. Mais la voiture était prise en chasse et rattrapée. Dans le coffre, 90 litres de vodka et 44 cartouches de cigarettes de différentes marques. « Nous sommes de gros fumeurs », confie l’homme. Les deux fuyards sont en T-shirts et claquettes, et n’ont pas l’apparence de trafiquants, « sacs-à-dos, parkas et chaussures de montagne pour passer par la montagne », fait remarquer l’avocate qui conclut : « Ils ne savaient pas où ils tombaient et ils ont tout fait pour se faire prendre ».

Les doutes du procureur de la République

« De la consommation personnelle », assure l’un de deux trafiquants à la petite semaine. De son côté, Laurent Dumaine, procureur de la République, est sceptique, en raison de la forte quantité d’alcool transportée – « un seul type d’alcool, mais une grande variété de marques de cigarettes », fait remarquer le magistrat, qui doute de la version livrée par les deux hommes.

« C’est une erreur, pas une pratique habituelle », nuance Emeline Andrieu. Ils ne connaissent pas le Pas-de-la-Case, ni la politique pénale appliquée en Ariège. Ce sont des pères de famille qui se sont servis de leur GPS pour monter en Andorre, passant par des routes qu’ignorent les trafiquants ». Un itinéraire qui les a conduits en détention préventive, jusqu’à hier. Et à une condamnation à des peines de 6 et 4 mois de prison, avec bracelet électronique. Et près de 6 000 € d’amendes douanières.