le taux d’incidence doit-il continuer à aiguiller les décisions sanitaires ?

LA VÉRIFICATION – Au Royaume-Uni, des parlementaires conservateurs ont demandé à arrêter la publication quotidienne du taux d’incidence, qui affecterait la «charge mentale» de la population.

LA QUESTION. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les Français sont peu à peu devenus familiers avec les indicateurs de mesure du virus, comme le taux d’incidence sur le territoire, ou encore le taux de reproduction du virus (le fameux «R0»). Bien qu’ils aient longtemps guidé la stratégie sanitaire des pays, ils sont aujourd’hui jugés «anxiogènes» et «sans intérêt» par certains gouvernements. Au Royaume-Uni, des parlementaires conservateurs ont demandé le 29 juin à arrêter la publication quotidienne de ces chiffres, du fait de leur impact sur la «charge mentale» de la population britannique, comme le rapporte le site d’information Politico .

En France, le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de nouvelles contaminations pour 100.000 habitants, a toujours occupé une place centrale en matière de décision sanitaire. Depuis quelques semaines, le gouvernement alerte sur une potentielle reprise de l’épidémie causée par l’arrivée du variant Delta. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a évoqué ce lundi la possibilité d’une quatrième vague «dès la fin juillet». Toutefois, avec l’augmentation de la vaccination en France, la donne a considérablement changé et une question stratégique se pose désormais au gouvernement : le taux d’incidence doit-il continuer d’aiguiller les décisions sanitaires alors que plus de 50% de la population a été primo-vaccinée ?

VÉRIFIONS. D’après Jonathan Roux, épidémiologiste à l’École des hautes études en santé publique, le taux d’incidence, qui est fondé sur

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